Le « jugement » est normal / Les aspects mentaux de Pitta

QUESTION PRELIMINAIRE (Alex)

Pitta et obliger à jugé…. pour quoi ?

REPONSE 1 (Alex)

Cette phrase est la plus proche de l’utilisation du mot jugement que je souhaite aborder en rapport avec Pitta «activité de la pensée qui affirme ou qui nie une proposition, pour une apparence juste le vrai”».

Pitta est le principe de la digestion. Le feu est l’ingrédient clé. Pitta psychologique, appelée Tejas (le nom de feu subtil) est responsable de la compréhension. La matière subtile (c’est-à-dire les objets de conscience) est reçue par Prana (aspect subtil de Vata). Tejas doit donner un sens à ces impressions (mots, émotions, sentiments, etc.). Tejas a pour tâche de digérer le domaine mental. Dès que vous êtes conscient de quelque chose (Prana a amené “quelque chose” dans la conscience), Tejas tentera de transformer l’objet mental en une version plus subtile et raffinée de l’objet. Pour donner un sens à l’objet mental, il faut qu’il soit vu. “Voir” dans ce sens signifie comprendre. La compréhension mentale nécessite un mélange de sous-composants: comparaison, relativisation, division (séparation de l’objet en parties constitutives), étiquetage, référencement. Tejas a pour but d’illuminer. Ajouter de la lumière, c’est-à-dire ajouter de la compréhension. Évaluation critique, juger, ce sont des aspects naturels de Tejas. Tejas ne peut pas éviter de faire cela. Certes, il existe des couches de profondeur à travers lesquelles opère le principe de Tejas. L’un des aspects de Tejas est le feu mental qui aide l’esprit à distinguer les objets mentaux nuisibles et bénéfiques des contextes ultérieurs de la vie. Par exemple. Si je vois une personne qui a l’air en colère, Tejas produira le sentiment de suspecian, de prudence, mettant peut-être l’esprit en alerte. Inversement, si l’objet mental représente quelque chose comme un bébé lapin, Tejas digérera cette impression mentale comme inoffensive, mignonne, aimable … Pitta doit faire preuve de jugement. C’est la nature de Pitta. Parfois, nous faisons de mauvais jugements, ceux qui conduisent à la souffrance plutôt qu’à l’harmonie. Avant de vous énerver hors du jugement, sachez tout d’abord que le principe universel de Tejas (l’universalité est une caractéristique préférée de l’Ayurveda) présente de nombreuses facettes, notamment la passion, l’appétit, la détermination, le courage et l’orientation. Mais il contient également les propriétés intrinsèques qui donnent lieu à un jugement, une comparaison, une discrimination (pour le meilleur ou pour le pire).

Sur un plan plus physiologique, rappelons-nous de nos études sur l’Ayurveda, que l’élément Feu (Agni / Tejas ie Light / Heat) concerne les yeux (l’organe des sens pour la lumière), la vue (l’aspect subtil / subjectif de la vision) et la locomotion. (la réponse motrice que la vision offre).

Par conséquent, Pitta Dosha et les Tejas vous permettent de voir et de vous déplacer. Être capable de localiser efficacement nécessite une excellente vue, ainsi qu’une excellente compréhension mentale du terrain sur lequel vous négociez. Des jugements sont faits tout le temps sur la nature du terrain pendant que vous le traversez.

D’un point de vue évolutif, la capacité de se déplacer rapidement sur un terrain nécessite de comprendre la nature du sol sur lequel nous marchons. Que ce soit ou non, la compréhension est consciente ou non est non pertinente. Quelque chose doit voir le sol et en évaluer la nature, puis nous calomnier de manière à limiter les risques de préjudice.

Au niveau de base de l’animal humain, l’utilisation de la vision peut être considérée comme un dispositif nous permettant de rechercher des objectifs et de progresser efficacement vers ceux-ci. Le but peut être de trouver de la nourriture ou un abri (premier chakra), ou un partenaire sexuel (deuxième chakra), ou de juger de la menace potentielle d’un concurrent potentiel (thrid chakra), ou de déterminer si la personne en face de vous appartient. votre famille ou groupe social (quatrième chakra). Ce sont les besoins fondamentaux qui ont été créés et façonnés par l’évolution par la sélection naturelle. Les jugements sont nécessaires ici.

Le principe Pitta est nécessaire pour survivre. Pitta est également nécessaire pour aller au-delà des limites connues. Pitta psychologique (Tejas) se nourrit des limites. Pour Tejas, les limites (défis, obstacles, problèmes, contraintes) sont comme de la nourriture pour l’estomac affamé. Tejas est le principe fondamental, celui de l’esprit, qui nous permet de progresser vers le meilleur sens du terme. Échec et succès, les deux sont entre les mains de Tejas.

Le “siècle des lumières”, qui n’a commencé que récemment. 1715, représente l’une des itérations les plus récentes de l’apparition en pleine évolution du principe de Tejas chez l’homme. Et alors que beaucoup de membres du mouvement new-age sont convaincus que la vie sur Terre entre dans une période de Kali (obscurité, souffrance), les données montrent le contraire. Découvrez le nouveau livre de Steven Pinker “Le Triomphe des lumières”, sorti en français en novembre 2018.

Cet aspect particulier de Tejas (et de la faculté mentale associée de Buddhi) s’est développé rapidement et de façon exponentielle depuis que l’esprit humain s’est engagé dans les outils de la raison, de la science et de l’humanisme. Les résultats sont continus et merveilleux.

Parmi les développements les plus intéressants, citons le lieu de rencontre entre les sciences de la vie anciennes (Ayurveda) et les sciences modernes (biologie de l’évolution, physique, neurosciences, etc.).

Remettre en question la foi aveugle, démêler les religions (et la religion), dénouer l’arc-en-ciel, tout en explorant les domaines subjectifs de la méditation et de l’introversion avec des yeux non dogmatiques et multidimentionnels … C’est mon moment préféré sur terre, et le meilleur reste à viens!!!

Alors gardez vos jugements à vos côtés, pas à vous-même. Partagez-les à la lumière de la compréhension et de l’amélioration. Les jugements sont nécessaires. Les jugements peuvent être paresseux et nuisibles, ou inspirés et éclairants.

ANGLAIS

Pitta is the principle of digestion. Fire is the key ingredient. Psychological Pitta, called Tejas (the name for subtle fire) is responsible for understanding. Subtle matter (i.e. the objects of consciousness) are received by Prana (subtle aspect of Vata). Tejas has to make sense of these impressions (words, emotions, feelings etc). Tejas has the job of digesting the mental realm. As soon as you are conscious of something (Prana has brought “something” into consciousness), Tejas will attempt to transform the mental object into a more subtle, refined version of the object. To make sense of the mental object requires that it is seen. To “see” in this sense, means to understand. Mental understanding requires a mixture of subcomponents : comparision, relativisation, division (separation of object into constituant parts), labeling, referencing. The goal of Tejas is to illuminate. To add light, i.e. to add understanding. Critical evaluation, judging, these are natural aspects of Tejas. Tejas cannot avoid doing this. Certainly, there are layers of depth through which the Tejas principle opperates. One aspect of Tejas is the mental fire that helps the mind discern between harmful and beneficial mental objects and subsequent life contexts. For example. If I see an angry looking person, Tejas will produce the feeling of suspecian, caution, perhaps putting the mind into alert mode. Conversly, if the mental object represents something like a baby bunny rabbit, Tejas will digest this mental impression as harmless, cute, loveable… Pitta has to be judgemental. This is the nature of Pitta. Sometimes we make poor judgements, ones that lead to suffering rather than harmony. Before making an enermy out of judgement, first realise that the universal principle of Tejas (universality is a favourite feature of Ayurveda) has many facets, including passion, hungery, determination, courage, direction. But it also contains the intrinsic properties that give rise to judgement, comparison, discrimination (for better of for worse).

On a more physiological level, recal from our studies into Ayurveda, that the Fire element (Agni/Tejas i.e. Light/Heat) relates to the eyes (the sense organ for light), sight (the subtle/subjective aspect of seeing) and locomotion (the motor-action response that seeing affords).

Therefore, Pitta Dosha and the Tejas enable you to both see and to locomote. Being able to locomate efficiently requires excellent sight, as well as excellent mental understanding of the terrain you are negotiating. Judgements are being made all the time about the nature of the terrain as you move through it.

From an evolutionary point of view, the ability to move quickly through a terrain requires that we understand the nature of the ground we are walking on. Whehter or not the understanding is conscious or not is irrelavent. Something has to see the ground and evaluate its nature, then stear us in such a way so as to limit the chances of being harmed.

At the basic human animal level, the use of vision can be seen as a device that allows us to seek goals, and to move efficiently towards them. The goal might be to find food or shelter (first chakra), or a sexual mate (second chakra), or to judge the potential threat of a potential competitor (thrid chakra), or to recognise whether the person in front of you belongs to your family or social group (fourth chakra). These are the basic needs that have been born out of and shaped by evolution by natural selection. Judgements are necessary here.

The Pitta principle is needed to survive. Pitta is also needed to go beyond known limits. Psychological Pitta (Tejas) feeds on the limits. For Tejas, limits (the challenges, obstacles, problems, constraints)   are like food for the hungry stomach. Tejas is the main principle that of mind that allows us to move towards progress in the best sense of the word. Failure and success, both are in the hands of Tejas.

The “age of enightenement” (“Le siècle des Lumières”), which began only as recently as circa. 1715, represents one of the most recent iterations in the evolving emergence of the Tejas principle in humans. And while many people in the new-age movement are convinced that life on earth is entering a period of Kali (darkness, suffering), the data show otherwise. Check out Steven Pinker’s new book “Le Triomphe des lumières”, released in French this novembrer 2018.

This particular aspect of Tejas (and the associated mental faculty of Buddhi) has expanded rapidly and exponentially since the human mind became comitted to the tools or reason, science and humanism. The results of this are ongoing and marvelous.

Among some of the most exciting developments include the meeting place between the ancient life sciences (Ayurveda) and the modern sciences (evolutionary biology, physics, neuroscience…)

Challenging blind faith, unravelling religions (and religeousness), unweaving the rainbow, whilst at the same time exploring the subjective realms of meditation and introversion with non dogmatic multidimentional eyes…. It’s my favourite time on earth, and the best is yet to come!!!

So keep your judgements by your side, not to yourself. Share them in the open light of understanding and betterment. Judgements are necessary. Judgements can be lazy and harmful, or inspired and illuminating.

REMARQUE 1

Un Pita pacifié et équilibré ne juge plus 😉 mais un gros travail personnel a faire.

RESPONSE 2 (Alex)

Ne pas juger, c’est comme vous arracher les yeux! Pourquoi voudriez-vous essayer de faire cela. Plutôt que de supprimer le principe de jugement (Tejas), essayez de le développer. Par exemple, l’ignorance de soi laisse supposer qu’il existe un soi personnel qui choisit de vivre sa vie de telle ou telle manière, clale ce “libre arbitre”. La compréhension de soi (le processus qui s’ensuit lorsque l’esprit est stabilisé, replié sur lui-même et explore sa propre nature) permet de découvrir que le “libre arbitre” et le “moi personnel” sont des apparences, illusoires ou non substantielles. Le mental semble être “selfing”. L’enquête subjective révèle que cela se produit, avec toutes les autres choses (pensées, émotions, sentiments, perceptions …). Lorsque le sens du libre-arbitre est vu comme une apparence, ou une propriété émergente de l’esprit, plutôt que ressenti comme un centre du moi solide, la signification des jugements sociaux normaux prend une nouvelle lumière. Les jugements seront toujours rendus (ils doivent). Mais les jugements sociaux et de caractère sont perçus comme tels (approximations, suppositions sur la subjectivité des autres). Pour atteindre ce point de vue, un certain type de vision intérieure plus subtile et d’auto-exploration est nécessaire. En arrivant à cette compréhension, l’esprit se détend généralement autour de cette question de jugements entre humains. Cette approche ou l’atteinte d’une relative liberté vis-à-vis des jugements dépend elle-même d’un certain type de discernement, de vision et de compréhension. Nous sommes toujours dans le domaine de Tejas / Pitta. Il serait vain, nuisible ou contre-productif d’essayer simplement de “calmer Pitta” si la nature sous-jacente de Pitta (y compris les jugements, les comparaisons, etc.) n’est pas comprise. La compréhension que je nomme ici n’est pas simplement intellectuelle ou philosophique (même si cela peut aider), mais directe, expérientielle. Pour ajouter à ce qui précède, nous pouvons maintenant affirmer sans crainte que, grâce à une science objective très subtile, les mêmes conclusions se dessinent: il n’existe pas de volonté libre. Le libre-arbitre est un sentiment que l’esprit (l’aspect subjectif du corps) produit avec d’autres caractéristiques, y compris divers types de sens de soi, etc.

Nous pouvons dire que l’expression excessive et troublante de jugements sociaux et de jugements de caractère est un signe que Tejas (l’aspect subjectif, mental de Pitta) est élevé et Rajasic. Les autres commentaires que j’ai faits en réponse à ma déclaration originale renvoient à l’expression sattvique de Tejas, qui peut être cultivée et développée par le biais de l’apprentissage, des efforts et des circonstances.

Pitta Prakriti est par nature enclin à la critique et au jugement. Cette faculté, née du feu mental (Tejas), doit être comprise et non considérée comme mauvaise. La villification du jugement est en soi une forme de jugement en arrière. On peut en dire autant des aspects plus intenses des éléments du feu, tels que la colère, la rage et la violence. Plutôt que d’interdire ces expressions, nous devons les adopter. J’entends par là les comprendre. Il m’a fallu environ 40 ans de prévention de la colère pour vraiment en venir à bout. Je suis un étudiant lent !!!

ANGLAIS

Having no judgements is like gouging out your eyes ! Why would you try to do that. Rather than removing the judging principle (Tejas), try to develop it. For example, self-ignorance leads one to assume that there is a personal-self who is chosing to live ones life in such and such a way, clal this “free will”. Self-understanding (the process that ensues when mind is stabilised, turned in on itself, and explores its own nature) leads to the discovery that “free-will” and “personal-self” are appearences, illusory, or unsubstantial. The mind appears to be “selfing”. Subjective enquiry reveals that this is happening, along with all the other stuff (thoughts, emotions, feelings, perceptions…). When the sense of free-will is seen as an appearence, or an emergent property of mind, rather than felt as a solid-ego-self-centre, the significance of normal social judgements takes on a new light. Judgements will still happen (they must). But social and character judgements are seen for what they are (approximations, guesses about other people’s subjectivities). A certain kind of more subtle inner-seeing, self-exploration is required to reach this point of view. Upon reaching this undertsanding, the mind usually relaxes around this issues of human-to-human judgements. This approach or attaining relative freedom from judgements is itself dependent on a certain kind of discernment, seeing, understanding. We are still in the domain of Tejas/Pitta. It would be futile, harmful or counter-productive to merely try and “calm Pitta” if the underlying nature of Pitta (including judgements, comparrisions, etc) is not understood. The understanding I am naming here is not merely intellectual or philosophical (although this may help) but direct, experiential. To add to the above, we can now safely say that through very subtle objective science, the same conclusions are appearing: there is no such thing as free-will. Free-will is a felt-sense that the mind (the subjective aspect of body) is producing along with other features including various kinds of self-senses etc.

We can say that excessive and mentally disturbing expression of social and character judgements are a sign that Tejas (the subjective, mental aspect of Pitta) is high and Rajasic. The other comments that I have made in reply to my origianal statement point to the Sattvic expression of Tejas, something that can be cultivated and developed through learning, effort and circumstance.

Pitta Prakriti is by its nature inclined to be critial and judgemental. This faculty, born out of the mental fire (Tejas), needs to be understood, not deemed as bad. The villification of judgement is in itself a form of backwards judgement. The same can be said for more intense aspects of the fire elements, such as anger, rage, and violence. Rather than banning these expressions, we need to embrace them. By this I mean understand them. It’s taken me 40 years or so of anger avoidance to really come to terms with this. I’m a slow learner !!!

REMARQUE 2

Absolument pas d’accord. Il est possible fort heureusement d’avoir un regard et un positionnement non axé sur le jugement et donc la critique, mais l’empathie, la discrimination et l’objectivité. Alors le mental fonctionne comme il est supposé le faire, en étant au service de la conscience et non l’inverse. Mais je répète cela demande un gros travail sur soi et ce n’est malheureusement pas sur ce principe que fonctionne notre société malade et duelle. C’est bien en revanche sur ces valeurs que reposent l’Ayurveda authentique et le Yoga

REPONSE 3 (Alex)

L’objectivité, la discrimination, l’opinion et le jugement ne sont-ils pas tous des aspects de la Pitta psychologique ou du feu? Elles dépendent toutes d’un phénomène mental appelé “Tejas” qui utilise une chaleur et une lumière subtiles pour pénétrer une matière subtile (perceptions, observations, pensées, émotions, etc.) puis l’organise – informations lumineuses – en un sens de direction (écrit et faux, utile et utile). inutile, de haut en bas, vrai et faux, etc …)

À mon avis (et conformément aux traditions de l’Ayurveda et du Yoga), la nature du feu peut être entraînée, développée, affinée. Lorsque le feu brûle plus clairement (et que nous “montons” de grossier à subtil ou causal), les noms de ce feu changent (dans le même ordre): Pitta … Tejas … Buddhi … Jyotir … (suite ou moins).

Je dirais que lorsque le feu devient plus clair, il nous ouvre la porte à ce que nous (les humains) faisons simplement de notre mieux pour comprendre la vie telle que nous la connaissons. Bien sûr, les opinions (et plus encore les jugements) sont des directions, parfois définitives. Ils servent un but, mais ils ne peuvent jamais être définitifs au sens ultime.

Le simple fait de voir “ce qui est, tel qu’il se présente, sans étiquetage ni nom” est certainement un autre état d’esprit qui soulage ce que l’on appelle le monde dualiste.

Je sympathise et je tire énormément de bien de mes propres observations intérieures sur la nature de l’esprit et de la conscience. Il est vrai de dire que le type le plus sublime de “voir” dans ce contexte se présente comme une sorte de discernement ou de connaissance intérieure qui ne peut tout simplement rien avoir à faire avec des concepts et certainement pas des jugements.

Donc, avant de revenir à la question de Pitta et aux jugements, je voudrais faire un clin d’œil (à ma perception) de votre direction et dire que oui, aller au-delà de l’aspect d’opinion et de jugement de Pitta est possible et très probablement très bénéfique pour beaucoup de nous.

Mais pour l’instant, je m’en tiendrai à la position initiale: l’opinion (plus ouverte) et le jugement (plus fermé, final) sont à la fois des caractéristiques naturelles, normales et requises de l’aspect psychologique de Pitta Dosha. Sans cette faculté, nous serions tous littéralement perdus dans le monde relatif de l’espace, du temps et de la forme.

Même l’esprit inconscient, qui comprend l’instinct et l’intuition, pénètre constamment dans la nature d’une situation et en extrait le sens et la direction afin de nous guider dans la vie. Cela dépend aussi de Pitta ou du Feu.

Avant de continuer, soyez assuré que ma réponse n’est pas personnelle ni destinée à aggraver un conflit. Mais je voudrais souligner que vous avez une position : “absolument pas d’accord”. Cette position même est en soi une déclaration qu’une partie de votre aspect mental a pris une position, un côté, un point de vue, quelque chose dans votre esprit a tracé une ligne dans le sable qui sépare “A” de “B”. Ce que j’essaie de faire avec cette discussion, c’est éclairer la nature de ce positionnement comme étant un aspect naturel et nécessaire de l’esprit humain en bonne santé (et de Pitta Dosha).

Vous dit “Alors le mental fonctionne comme il est supposé le faire, en étant au service de la conscience et non l’inverse”

Je suis reconnaissant de l’expérience d’esprit qui peut montrer une absence partielle ou totale de ce processus d’opinion / division (identification, classification, raison, opinion, jugement …). En effet, je conviendrais que dans la manière ayurvédique de parler, “la haute Pitta avec Rajas” manifestera un degré de critique et de jugement qui ne semble pas être utile pour une harmonie sociale globale et intérieure. Calmer cet aspect de Pitta est, dans ces situations, un objectif louable.

Vous dites : “alors le mental fonctionne comme il est supposé le faire, en étant au service de la conscience et non l’inverse.”

Je dis que cette déclaration est en fait un opinion, une position, meme des fois un jugement.

Si un yogi, ou qui que ce soit d’autre, dit quelque chose comme ceci: “votre vraie nature est une conscience pure, tout le reste est une illusion ou un irréel”, alors ils prennent une expérience personnelle de l’esprit et font ensuite une déclaration “absolutiste” à propos de la réalité. A ce moment de la déclaration, les possibilités sont fermées. Mais ce processus est naturel, valide et fait partie de la nature, car elle naît par l’esprit (je dis). Ou du moins, cela semble être le cas.

Peut-être un “aperçu” méditatif est-il acquis; un sentiment de voir ou de savoir “la réalité en tant que conscience pure”. Mais pour ensuite rendre cette déclaration publique et la considérer comme finale, fermée, il ne s’agit là que d’une forme de jugement. Bien sûr, la granularité de l’expérience subjective peut provenir d’un endroit irréfléchi, qui aurait pu se sentir équanime. Et j’accepte tout à fait que (de là où je me trouve), ce genre d’expérience sublime (ou d’autres semblables) est très agréable, très reposant et tend vers un espace d’existence plus harmonieux.

Vous dites … “Mais je répète cela demande un gros travail sur soi et ce n’est malheureusement pas sur ce principe que fonctionne notre société malade et duelle”

Je conviens que l’atténuation ou la suppression de ce que l’on appelle l’aspect dualiste de l’esprit (y compris la digestion mentale de «l’autre») est une tâche apparemment laborieuse. Personnellement, je ne fais plus aucun effort pour faire une telle chose. Je sens que cela revient à me demander de me crever les yeux (ou l’un de nos sens).

D’après ce que je vois, l’existence (celle que je connais) est très mystérieuse et paradoxale. L’idée que “soi” ou “jugement” soit en quelque sorte une maladie de l’esprit ou de la société est, à mon avis, un point de départ qui ne peut que conduire à davantage de souffrances inutiles. Saviez-vous que les Bouddhistes tibétains ont été interrogés par des scientifiques occidentaux? Ils se sont avérés être plus craintifs ou plus mortels que les prétendus «non-chercheurs», des gens mal intentionnés.

Je suis bien conscient des traditions de sagesse qui parlent de tuer l’ego ou de “se confondre avec soi-même”. J’ai suivi ce chemin pendant de nombreuses années, puis j’ai pris conscience d’une autre possibilité: cette vie, en ce moment, avec toutes ses couleurs (confusion, pensées, faculté de jugement, etc.), cette chose merveilleuse, toujours mystérieuse et toujours changeante. appelez “ceci” …. c’est tout ce que nous avons. Et peut-être tout ce que nous aurons jamais. Rechercher le salut éternel de “l’âme”, ou des états permanents de “vision ou être clair, sans concept, sans concept” sont sans aucun doute des aspects de cet ensemble ou de ce “présent” … mais ils ne sont peut-être pas plus qu’un autre effet mental … qui cherche à découvrir la liberté de la souffrance ou de la perfection ultime. Certains d’entre nous ne peuvent pas aider cette recherche. Cherchez jusqu’à ce que vous trouviez, ou ne trouviez pas … pouvez-vous / nous / ils font vraiment autrement? as-tu vraiment le choix en la matière? Après inspection, je trouve que ce choix est éphémère, presque comme une illusion. C’est un sentiment ressenti de volition, qui après inspection, disparaît.

ANGLAIS

Aren’t objectivity, discrimination, opinion and judgement all aspects of the psychological Pitta or fire? They all depend on a mental phenomenon called “Tejas” which uses subtle heat and light to penetrate subtle matter (perceptions, observations, thoughts, emotions etc) then organise it – illuminated information – into a sense of direction (write and wrong, helpful and unhelpful, up and down, true and false, etc…)

As I see it (and accoridng to Ayurveda and Yoga traditions), the nature of the fire can be trained, developed, honed. As the fire burns more clearly (and we “ascend” from gross to subtle to causal) the names of this fire change (in the same order) : Pitta… Tejas… Buddhi… Jyotir… (more or less).

I would say that as the fire becomes more clear, it opens us to the vast extent to which we (humans) are simply doing our best to understand life as we know it. For sure, opinions (and more so judgements) are directions, sometimes final. They serve a purpose, but they can never be final in the ultimate sense.

Just seening “what is, as it arrises, without labeling or naming” is certainly another state of mind that gives relief from the so-called dualistic world stuff.

I sympathise and derive a huge amount of welbeing from my own inner observations about the nature of mind and awareness. It is true to say that the most sublime kind of “seeing” in this context feels like a kind of discernment or inner-knowing that simply cannot have anything to do with concepts and certainly not judgements.

So before I return to the topic of Pitta and judgements, I would like to wink in (my perception) of your direction, and say that yes, going beyond the opinionative and judgemental aspect of Pitta is possible and most likely very beneficial for many of us.

But for now, I will stick to intitial position: opinion (more open ended) and judgement (more closed, final) are both natural, normal and required features of the a psychological aspect Pitta Dosha. Without this faculty, we would all litterally be lost in the relative world of space, time and form.

Even the unconsious mind, which includes instinct and intuition, is constantly reaching into the nature of a situation and extracting meaning and direction so as to guide us through life. This also depends upon Pitta or Fire.

Before I continue, please rest assured that my response is not personal nor intended to inflate conflict. But I would like to point out that you have a position “absolutely not agreement”. This very position is by itself a declaration that part of your mental aspect has taken a position, a side, a viewpoint, something in your mind has drawn a line in the sand that separates “A” from “B”. What I am trying to do with this discussion, is illuminate the nature of this positioning as being a natural and necessaery aspect of the healthy human mind (and of Pitta Dosha).

I am recognisant of the experience of mind that can exhibit a partial or total absence of this opinionative / divisional process (identification, classification, reason, opinion, judgement…). Indeed, I would agree that in the Ayurvedic way of speaking, “high Pitta with Rajas” will manifest a degree of criticallity and judgement that seems to be unhelpful for overal social and inner harmony. Calming this aspect of Pitta is, in those situations, a worthy pursuit.

You say {}.

I say that this statement is in fact a strong judgement, position.

If a Yogi, or anyone for that matter, says something like this: “your true nature is pure awareness, everything else is an illusion or unreal” then they are in fact taking a personal experience of mind and then making an “absolutist” statement about reality. At that moment of declaration, there is a closure of possibilities. But that process is natural, valid and part of nature as she is arising via mind (I say). Or at least, it seems this way.

Perhaps a meditative “insight” is gained; a sense of seeing or knowing “reality as pure awareness”. But to then make this statement public and consider it final, closed, this is nothing other than a form of judgement. Sure, the granularity of the subjective experience may have come from a thoughtless place, one that might have felt equanimous. And I wholely accept that (from where I am standing), this kind of sublime experience (or ones like it) feel very good, very reashuring, and tend towards a more harmonious space of existence.

You say… “Mais je répète cela demande un gros travail sur soi et ce n’est malheureusement pas sur ce principe que fonctionne notre société malade et duelle”

I agree that to attenuate or shut down the so-called dualistic aspect of mind (including the mental digestion of “other”) is a seemingly effortful endeavour. I personally make no more effort to do such a thing. I feel that it is like asking me to gouge out my eyes (or any of the senses for that matter).

The way I see it, existence (the one I know) is very much one of mystery and apparent paradoxes. The idea that “self” or “judgement” are in some way an illness of the mind or society is, in my view, a starting place that is bound to lead to more unnecessary suffering. Did you know that Tibetan Buddists were surveryed by Western scientists. They were found to be more fearful or death than the non-seeking so-called “ill minded, ill society” folk.

I am well aware of the wisdom traditions that talk of killing the ego, or “merging with one’s true self”. I followed that path for many years, and then woke up to another possibility: this life, right now, with all its colours (confusion, thoughts, judgement faculty… etc etc. ) this wonderful, everchanging, mostly-mysterious thing we call “this”…. it is all we have. And perhaps all we will ever have. Seeking eternal salvation of the “soul”, or permanent states of “clear, opionionless, conceptless seeing or being” are no doubt aspects of this whole, or this “this-ness”…. but they may be no more than another mind ripple… one that seeks to discover freedom from suffering or ultimate perfection. Some of us can’t help that seeking. Seek until you find, or don’t find… can you/we/they really help it?

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