Méthode Wim Hof et spondyloarthrite

Une nouvelle étude de preuve de concept a montré que la pratique de la méthode Wim Hof peut réduire efficacement l’inflammation chez les personnes souffrant de spondyloarthrite axiale – une maladie inflammatoire chronique prototypique.

Auparavant, la recherche a montré comment un groupe d’individus en bonne santé, formés avec la méthode Wim Hof, étaient capables d’activer volontairement leur réponse immunitaire innée lorsqu’ils subissaient une expérience pour induire une inflammation. Les résultats ont montré comment ce groupe, par rapport à un groupe témoin, avait des niveaux plus élevés de marqueurs anti-inflammatoires après avoir reçu une endotoxine – une bactérie morte qui est inoffensive pour le corps. Normalement, lorsqu’une endotoxine, ou une bactérie vivante, entre dans le corps, le système immunitaire inné réagit et commence à combattre cette infection. Il en résulte qu’une personne se sent «malade» et éprouve des symptômes tels que fièvre, nausées, maux de tête et frissons. Le fait que les personnes formées au WHM puissent influencer volontairement le système immunitaire est remarquable. Pendant l’expérience, ils n’ont montré aucun de ces symptômes! Comme l’étude a révélé une augmentation des niveaux de marqueurs anti-inflammatoires, les chercheurs ont commencé à se demander si ce n’était le cas que pour les personnes en bonne santé lors d’une inflammation aiguë, ou si la méthode pouvait potentiellement être utilisée pour les patients souffrant de maladies chroniques liées à l’inflammation.

C’est précisément ce sur quoi porte la présente étude. L’objectif était d’évaluer si le WHM pouvait moduler les réponses immunitaires innées chez les patients atteints de spondyloarthrite axiale (axSpA), qui est une inflammation rhumatismale chronique de la colonne vertébrale. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique prototypique, ce qui en fait un très bon point de départ pour l’enquête. Ils voulaient principalement savoir si le WHM pouvait être appliqué en toute sécurité dans ce groupe de patients, et ils ont donc testé tout signal de sécurité pendant et après la période de formation. De plus, ils ont également recherché des changements dans les marqueurs inflammatoires qui sont des biomarqueurs valides pour tester l’activité de la maladie chez les patients. Au cours de l’étude, ils ont également utilisé des questionnaires rapportés par les patients sur l’activité de la maladie et la qualité de vie.

Alors, qu’ont-ils réellement fait? 24 patients atteints d’axSpA ont été répartis au hasard dans un groupe de traitement et de contrôle. Le groupe de traitement a reçu une formation approfondie dans le WHM sur une période de 8 semaines, à la fois pendant la formation de groupe et à domicile. Pendant ces 8 semaines, des mesures en termes de niveaux de marqueurs inflammatoires et des questionnaires ont été prises en début de formation, à mi-chemin (semaine 4) et en fin de formation (semaine 8). Des mesures de suivi ont été prises 16 semaines plus tard, à la semaine 24. Le groupe témoin n’a pas reçu la formation WHM au cours des 8 premières semaines et a servi de comparaison. Cependant, après ces 8 premières semaines, le groupe témoin a également été formé au WHM.

L’étude montre des résultats positifs car, avant tout, le WHM se révèle sûr à pratiquer pour les patients atteints d’axSpA. Deuxièmement, une diminution des marqueurs inflammatoires a été trouvée pour ceux formés avec le WHM par rapport au groupe témoin. Pour être plus technique: une diminution significative des niveaux d’ESR a été montrée, ainsi qu’une diminution des niveaux de calprotectine sérique, bien que cette dernière n’ait pas atteint une signification statistique. Que signifient ces diminutions? Cela indique que l’activité de la maladie diminue – plus les niveaux inflammatoires sont bas, moins un patient atteint d’axSpA est malade. Enfin, diverses mesures autodéclarées de l’activité de la maladie et de la qualité de vie des patients se sont améliorées après l’intervention.

Pour conclure, cette étude est une découverte prometteuse de l’effet du WHM pour les patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire. Non seulement c’est la première étude à tester l’effet du WHM sur des patients plutôt que sur des individus en bonne santé, mais elle montre également des effets positifs sur la sécurité, les marqueurs anti-inflammatoires et la santé mentale et physique autodéclarée. Cela pourrait éventuellement avoir des implications majeures dans les protocoles de traitement pour les personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques, et sert de base solide pour de nouvelles recherches.

REFERENCE

“An add-on training program involving breathing exercises, cold exposure, and meditation attenuates inflammation and disease activity in axial spondyloarthritis – A proof of concept trial” (lien)

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